| 9. Exégèse Linguistique La phrase s’ouvre sur un premier génitif absolu hikanou de khronou diagenomenou {Ἱκανοῦ δὲ χρόνου διαγενομένου | hi-ka-noû dè khró-nou di-a-ge-no-mé-nou} ‘après qu’un temps considérable fut passé’, qui situe l’action principale dans une temporalité postérieure, l’aoriste moyen marquant une durée achevée. Un second génitif absolu coordonné, ontos ēdē episphalous tou plōos {ὄντος ἤδη ἐπισφαλοῦς τοῦ πλοὸς | ón-tos ḗ-dē e-pis-pha-loûs toû plo-òs}, décrit l’état concomitant de la navigation, désormais dangereuse. Ces deux génitifs absolus fonctionnent comme propositions circonstancielles cumulatives (temps + situation). La séquence dia to kai tēn nēsteian ēdē parelēluthenai {διὰ τὸ καὶ τὴν νηστείαν ἤδη παρεληλυθέναι | di-á tò kaí tḕn nēs-teí-an ḗ-dē pa-re-lē-lu-thé-nai} forme une construction préposition + article + infinitif, où l’infinitif parfait substantivé exprime la cause accomplie : le fait que le jeûne est déjà passé. Le kai à l’intérieur de cette construction ajoute le jeûne comme élément supplémentaire de la cause du danger. Le verbe principal parēnei {παρῄνει | pa-rê-nei} ‘il conseillait’ à l’imparfait encadre toutes ces circonstances et présente l’intervention de Paul comme une action répétée ou prolongée dans ce contexte périlleux. En français, les deux génitifs absolus sont rendus par des propositions circonstancielles introduites par « après que » et « la navigation étant », tandis que la construction dia to + infinitif est traduite par « à cause du fait que », solution qui garde le lien de causalité explicite et naturel. |