| 9. Exégèse Linguistique Le verset s’ouvre avec nevi'im {לַנְּבִאִים | lan-nə̆-ḇîʾîm} ‘aux prophètes’, ciblant les destinataires. Le verbe nishbār {נִשְׁבַּר | nišbār} ‘est brisé’ utilise le parfait en Nifal pour exprimer une action subie, renforcé par libbî {לִבִּי | libbî} ‘mon cœur’ et be-qirbi {בְקִרְבִּי | bə-qirbî} ‘dans mon intérieur’, soulignant la douleur intime. La séquence rāḥăfû kol-atsmotay {רָחֲפוּ כָּל־עַצְמוֹתַי | rāḥăfû kol-‘aṣmôṯay} ‘tous mes os tremblent’ emploie un parfait Qal pluriel décrivant une réaction physique. Les comparaisons ke'ish shikor {כְּאִישׁ שִׁכֹּר | ke-’îš šiḵôr} ‘comme un homme ivre’ et u-ke-gever avaro yayin {וּכְגֶבֶר עֲבָרוֹ יָיִן | u-kə-gever ʿăvāro yāyîn} ‘et comme un homme qu’a traversé le vin’ mettent en parallèle l’état et la cause. Enfin, mipnei Yahweh u-mipnei divrei kodsho {מִפְּנֵי יְהוָה וּמִפְּנֵי דִּבְרֵי קָדְשׁוֹ | mip̄nê Yə-hō-wāh u-mi-p̄nê dibrê qōḏšô} introduit l’origine divine de cette perturbation, associant la personne divine à la sainteté de ses paroles. Cette structure hébraïque, mêlant expressions nominales, verbales et comparatives, est restituée en français pour préserver la progression dramatique et la profondeur théologique. |