| 9. Exégèse Linguistique Le verset forme deux mises en garde successives introduites par pen {פֶּן | pen} et u-pen {וּפֶן־ | u-pen} « de peur que », soulignant la crainte d’un excès ou d’un manque. La première séquence lie l’imparfaitif Qal esbaʿ {אֶשְׂבַּע | ʾeś-baʿ} « je sois rassasié » à deux parfaits : ve-khi-khaš-tī {וְכִחַשְׁתִּי | wə-khi-ḵaš-tî} et ve-’ā-mar-tī {וְאָמַרְתִּי | wə-ʾā-mar-tî}, exprimant le reniement et l’interrogation identitaire (« qui est le SEIGNEUR ? »). La seconde oppose ’iwāreš {אִוָּרֵשׁ | ʾiw-wā-rēš} « je devienne pauvre » à ve-ganav-tî {וְגָנַבְתִּי | wə-ganav-tî} et ve-ṭā-paš-tî {וְתָפַשְׂתִּי | wə-ṭā-paš-tî} « voler et saisir », illustrant la tentation de profaner le shem Elohai {שֵׁם אֱלֹהָי | šēm ʾĕ-lō-hāy}. La structure parallèle met en relief la tension morale entre abondance et misère, révélant la fragilité de la fidélité à Dieu. |