| 30. Exégèse Linguistique La phrase commence par l’interrogatif ti {τί | tí} qui introduit une question de motif, plaçant la cause du comportement au centre du propos. Il est immédiatement suivi de la conjonction kai {καί | kaí}, qui rattache cette interrogation à l’argument précédent sur la résurrection, créant une transition logique: « si certaines choses sont vraies, pourquoi alors…? ». Le pronom emphatique hemeis {ἡμεῖς | hē-meîs} en position marquée met l’accent sur le sujet « nous », c’est-à-dire Paul et ses collaborateurs, mais aussi les apôtres en général. Le verbe kinduneuomen {κινδυνεύομεν | kindy-neú-o-men}, à l’indicatif présent actif première personne du pluriel, exprime un état de mise en danger habituel et continu, non un épisode ponctuel. Le syntagme accusatif pasan horan {πᾶσαν ὥραν | pâ-san hó-ran} fonctionne comme complément circonstanciel de temps: l’adjectif pasan renforce horan en soulignant l’exhaustivité (« à toute heure », « constamment »). La structure grecque, en gardant l’interrogatif en tête puis le sujet emphatique, donne un effet rhétorique fort: la vie constamment menacée des apôtres devient un argument en faveur de la réalité de la résurrection. En français, la question est rendue par une inversion sujet-verbe (« sommes-nous », « risquons-nous ») pour respecter l’usage interrogatif, tout en conservant l’intensité du temps par « à toute heure » en formel et « à chaque instant » en dynamique. |