| 29. Exégèse Linguistique La phrase commence par genos {γένος | gé-nos} 'race, lignée', placé en tête pour mettre en avant l'identité des auditeurs comme descendants de Dieu. Le participe hyparchontes {ὑπάρχοντες | hy-pár-khon-tes} 'étant' est en apposition à genos et exprime leur condition actuelle d'appartenance à cette lignée. La conjonction oun {οὖν | oun} 'donc' relie cette affirmation identitaire à la conséquence éthique portée par le verbe principal opheilomen {ὀφείλομεν | o-feí-lo-men} 'nous devons', qui gouverne l'infinitif nomizein {νομίζειν | no-mí-zein} 'penser, considérer'. L'ensemble forme une construction où l'obligation morale concerne la manière de concevoir Dieu. La série de datifs chruso, arguro, litho {χρυσῷ, ἀργύρῳ, λίθῳ | khry-sō, ar-gý-rō, lí-thō} énumère les matériaux utilisés pour les idoles. Cette série est précisée par l'apposition charagmati technes kai enthymeseos anthropou {χαράγματι τέχνης καὶ ἐνθυμήσεως ἀνθρώπου | kha-rág-ma-ti tékh-nēs kaí en-thy-mḗ-se-ōs anth-rō-pou}, où charagmati désigne l'objet sculpté, technes la compétence artisanale et enthymeseos anthropou la conception mentale humaine à l'origine de ces figures. La proposition infinitive finale to theion einai homoion {τὸ θεῖον εἶναι ὅμοιον | tó theí-on eí-nai hó-moi-on} fonctionne comme complément de nomizein et formule l'erreur visée : considérer que « le divin » est semblable à ce qui est façonné par l'art et l'imagination humaines. En français, la structure cause–conséquence est conservée en gardant l'ordre logique (identité, obligation, correction de la pensée) et en rendant le groupe apposé par la tournure « œuvre d’art et de pensée humaine », qui réunit la dimension technique et la projection mentale. |