| 30. Exégèse Linguistique Le verset commence par la construction tous men oun chronous {τοὺς μὲν οὖν χρόνους | toùs mèn oûn khró-nous} 'les donc certes temps', où l'article et le nom à l'accusatif forment l'objet direct du participe huperidon {ὑπεριδών | hu-pe-ri-dōn} 'ayant passé outre'. Le syntagme génitif tes agnoias {τῆς ἀγνοίας | tês ag-no-ías} 'de l'ignorance' qualifie ces temps comme caractérisés par l'ignorance. Le participe aoriste huperidon, placé en tête et rattaché au sujet ho theos {ὁ θεὸς | ho the-ós} 'le Dieu', exprime une action antérieure et globale de tolérance divine par rapport à la nouvelle action exprimée au présent. Vient ensuite le groupe objet ta nun {τὰ νῦν | tà nŷn} 'les choses présentes', où l'adverbe nun est substantivé par l'article ta, marquant la situation actuelle comme distincte des temps passés. Le verbe principal, parangellei {παραγγέλλει | pa-rang-gél-lei} 'ordonne', gouverne un datif de destinataire tois anthropois {τοῖς ἀνθρώποις | toîs an-thrô-pois} 'aux hommes' et un infinitif de contenu metanoein {μετανοεῖν | me-ta-no-eîn} 'se repentir'. Les expansions pantas {πάντας | pán-tas} 'tous' et pantachou {πανταχοῦ | pan-ta-khoû} 'partout' renforcent l'universalité personnelle et géographique de l'ordre divin. En français formel, le participe aoriste est rendu par un passé composé précédant un présent pour respecter la relation temporelle, tandis que l'infinitif grec est conservé par une construction infinitive 'de se repentir'. La version dynamique explicite la valeur de metanoein comme changement de vie et met davantage en relief la patience initiale de Dieu et le caractère désormais impératif de l'appel. |