| 16. Exégèse Linguistique La phrase s’ouvre sur kekrikei gar ho Paulos {κεκρίκει γὰρ ὁ Παῦλος | kekrík-ei gar ho Paû-los} 'car Paul avait décidé', où le parfait kekrikei marque une décision antérieure dont l’effet se prolonge dans le présent narratif, la particule postpositive gar fournissant une explication par rapport au contexte précédent. L’infinitif parapleusai {παραπλεῦσαι | para-pleû-sai} 'passer le long de' dépend de kekrikei et exprime l’action projetée de contourner Éphèse, avec l’accusatif tèn Epheson {τὴν Ἔφεσον | tên É-phe-son} comme objet direct. La subordonnée hopōs mē génētai autō chronotribēsai en tē Asia {ὅπως μὴ γένηται αὐτῷ χρονοτριβῆσαι ἐν τῇ Ἀσίᾳ | hó-pos mê gé-nē-tai au-tôi khro-no-tri-bê-sai en tê A-sí-a} est une proposition finale introduite par hopōs, avec négation mē, exprimant le but d’éviter une perte de temps; chronotribēsai, infinitif complément de génētai, signifie littéralement 'user du temps'. Le syntagme prépositionnel en tē Asia localise cette éventuelle perte de temps dans la province d’Asie. La seconde partie commence par espeuden gar {ἔσπευδεν γὰρ | és-peu-den gar} 'car il se hâtait', imparfait qui décrit un empressement continu, suivi de la condition ei dunaton eiē autō {εἰ δυνατὸν εἴη αὐτῷ | ei du-na-tón ei-ê au-tôi} 'si cela lui était possible', où l’optatif eiē exprime une éventualité. L’accusatif tèn hēmeran tēs pentēkostēs {τὴν ἡμέραν τῆς πεντηκοστῆς | tên hē-mé-ran tês pen-tē-kos-tês} désigne l’objet de l’infinitif genesthai {γενέσθαι | ge-nés-thai}, qui exprime le but ultime: être à Jérusalem, destination marquée par eis Hierosolyma {εἰς Ἱεροσόλυμα | eis Hie-ro-só-lu-ma}. En français, la structure est rendue par deux phrases coordonnées, en conservant la relation de but (afin de) et la condition (si possible), ainsi que l’idée d’un choix stratégique pour atteindre une échéance liturgique. |