| 2. Exégèse Linguistique Le verset s’ouvre par le syntagme prépositionnel en tē oikia tou patros mou {ἐν τῇ οἰκίᾳ τοῦ πατρός μου | en tē oikíā tou patrós} qui établit le cadre spatial « dans la maison de mon Père ». Le groupe nominal monai pollai {μοναὶ πολλαί | monaí pollaí} se trouve au nominatif pluriel et fonctionne comme sujet du verbe eisin {εἰσιν | eísin} dans une phrase existentielle : le pluriel et l’adjectif soulignent l’abondance des lieux. La ponctuation par un point médian après eisin sépare cette affirmation de la clause conditionnelle suivante. La séquence ei de mē eipon an hymin {εἰ δὲ μή, εἶπον ἂν ὑμῖν | ei de mē, eîpon an hymîn} forme une condition irréelle : la conjonction ei introduit la protase, la négation mē nie l’assertion précédente, tandis que l’aoriste eipon accompagné de la particule an dans l’apodose exprime ce qui se serait produit si l’énoncé initial avait été faux (« je vous l’aurais dit »). La subordonnée complétive hoti poreuomai hetoimasai topon hymin {ὅτι πορεύομαι ἑτοιμάσαι τόπον ὑμῖν | hóti poreúomai hetoimásai tópon hymîn} explicite le contenu du « dire » et introduit la finalité : le verbe de mouvement poreuomai suivi de l’infinitif hetoimasai forme une construction verbe de mouvement + infinitif de but, dans laquelle l’accusatif topon, complété par le datif hymin, désigne un lieu préparé spécifiquement pour les disciples. La traduction française restitue la structure en trois mouvements (déclaration, condition, but) en conservant l’idée d’une hypothèse irréelle au passé et d’une intention présente de Jésus. |