| 14. Exégèse Linguistique Le verset s’ouvre par l’impératif aphete {ἄφετε | á-phe-te} « laissez », qui constitue un ordre bref et tranchant, marquant une prise de distance par rapport aux personnes visées. La séquence nominale typhloi eisin hodegoi typhlon {τυφλοί εἰσιν ὁδηγοὶ τυφλῶν | ty-phloí ei-sín ho-dē-goí ty-phlôn} présente d’abord le prédicat « aveugles sont », puis ajoute « guides d’aveugles » en apposition, ce qui renforce l’ironie de guides eux-mêmes incapables de voir. La seconde proposition reprend l’image sous forme conditionnelle : typhlos de typhlon ean hodege {τυφλὸς δὲ τυφλὸν ἐὰν ὁδηγῇ | ty-phlós dè ty-phlón e-án ho-dē-gê}, où la particule dè marque la transition vers une illustration générale : « si un aveugle en guide un autre ». Le verbe au subjonctif aoriste dans la subordonnée conditionnelle indique un cas potentiel. La principale est introduite par le sujet amphoteroi {ἀμφότεροι | am-phó-te-roi} « tous deux », placé en tête pour insister sur le sort commun, suivi de la construction prépositionnelle eis bothynon {εἰς βόθυνον | eis bó-thy-non} et du verbe futur pesountai {πεσοῦνται | pe-soûn-tai} « ils tomberont », formant la clausule « tous deux, dans une fosse, ils tomberont ». En français, la version formelle maintient les répétitions et la symétrie des deux membres (aveugle/aveugle, guide/guide), tandis que la version dynamique reformule légèrement (« mènent », « finissent ») pour rendre l’image plus idiomatique, tout en conservant la structure condition-résultat. |