| 13. Exégèse Linguistique L’énoncé commence par la formule ho de apokritheis eipen {ὁ δὲ ἀποκριθεὶς εἶπεν | ho dè a-po-kri-theìs eî-pen} ‘mais, ayant répondu, il dit’, construction fréquente où l’article avec le participe substantivé exprime le sujet (Jésus) et introduit solennellement une réponse. Le sujet logique de la déclaration est Pasa phyteia {Πᾶσα φυτεία | pâ-sa phy-teí-a} ‘toute plantation’, où l’adjectif indéfini au nominatif féminin singulier généralise sans exception. Cette expression est immédiatement suivie d’une relative déterminative hēn ouk ephuteusen ho patēr mou ho ouranios {ἣν οὐκ ἐφύτευσεν ὁ πατήρ μου ὁ οὐράνιος | hḕn ouk e-phý-teu-sen ho patḗr moû ho ou-rá-nios}, qui restreint la portée de « toute plantation » à ce qui n’a pas pour origine le Père céleste. L’ordre grec place le pronom relatif en tête, puis la négation et le verbe, et enfin le sujet « mon Père céleste », ce qui met en relief l’action (planter ou non) avant l’agent. L’adjectif ouranios {οὐράνιος | ou-rá-nios} ‘céleste’ qualifie le Père en contraste implicite avec toute paternité ou autorité humaine. Le verbe final ekrizōthēsetai {ἐκριζωθήσεται | ek-ri-zō-thḗ-se-tai} ‘sera déracinée’ au futur passif indique un jugement certain à venir, sans en nommer directement l’agent, sous-entendu Dieu, ce qui renforce la dimension solennelle du verdict. En français, la structure passive « sera déracinée/sera arrachée » permet de conserver la focalisation grecque sur le destin inéluctable de toute « plantation » non plantée par le Père céleste. |