| 5. Exégèse Linguistique Le verset s’ouvre par la conjonction préventive pen {פֶּן־ | pen} « de peur que », suivie d’un verbe Qal à l’imparfait (yishteh {יִשְׁתֶּה | yiš-teh} « il boive ») qui exprime un potentiel d’action. Le singulier hébreu sert de forme générique s’appliquant aux dirigeants (rois et princes), ce qui justifie l’usage du pronom pluriel « ils » en français. La coordination ve-yishkach {וְיִשְׁכַּח | wə-yiš-kaḥ} « et il oublie » s’articule avec le participe passif mechukkak {מְחֻקָּק | mə-ḥuq-qāq} « ce qui est décrété », désignant la loi écrite. Suit ve-yishaneh {וְיִשַׁנֶּה | wə-yi-šan-neh} (Piel, intensif) « et il pervertit » appliqué à din {דִּין | dīn} « jugement », suivi de kol benei oni {כָּל־בְּנֵי־עֹנִי | kol bə-nê ʿō-nî} « tous les fils de pauvreté », soulignant la dimension éthique de la justice. L’imparfait et le participe introduisent un avertissement général et l’enchaînement des verbes met en relief la progression du dévoiement de la législation et de l’équité. |