| 10. Exégèse Linguistique Le verset s'ouvre sur kai {καὶ | kaí}, qui relie la scène au contexte précédent et coordonne ce jugement final avec les événements antérieurs. Le groupe nominal ho diabolos ho planōn autous {ὁ διάβολος ὁ πλανῶν αὐτοὺς | ho diá-bolos ho planōn autoús} présente le sujet « le diable » qualifié par un participe présent substantivé (« celui qui les égare »), soulignant son activité trompeuse continue. Le verbe aoriste passif eblḗthē {ἐβλήθη | eblḗthē} forme le pivot narratif : un acte décisif par lequel il est « jeté » dans un lieu de jugement. La chaîne prépositionnelle eis tḕn límnēn tou pyrós kai theíou {εἰς τὴν λίμνην τοῦ πυρός καὶ θείου | eis tḕn lím-nēn tou pyr-ós kai theí-ou} combine l'accusatif après eis pour le mouvement vers « l'étang » et deux génitifs de matière (« du feu et du soufre ») qui en définissent la nature punitive. L'adverbe relatif hópou {ὅπου | hópou} introduit une proposition relative de lieu reliant le sort du diable à celui du thērion et du pseudoprophētēs {θηρίον, ψευδοπροφήτης | thē-rí-on, pseudoprophḗtēs}, déjà présents dans cet endroit, ce qui crée un parallélisme de jugement. La seconde coordination avec kaí basanisthḗsontai {καὶ βασανισθήσονται | ka-í ba-sa-nis-thḗ-son-ta-i} introduit une nouvelle prédication au futur passif, décrivant un tourment subi plutôt qu’une action. Les accusatifs hēméras kai nyktós {ἡμέρας καὶ νυκτός | hē-mé-ras kai nyk-tós} fonctionnent comme compléments de temps (« jour et nuit »), tandis que la locution idiomatique eis tous aiṓnas tōn aiṓnōn {εἰς τοὺς αἰῶνας τῶν αἰώνων | eis tous ai-ṓ-nas tōn ai-ṓ-nōn} exprime une durée sans fin au moyen d’un accusatif de direction temporelle renforcé par un génitif de relation. |