| 6. Exégèse Linguistique Le verset débute avec la conjonction ki {כִּ֣י | kî} qui introduit une condition hypothétique. Le verbe yesitkha {יְסִיתְךָ֡ | yə-sîṯ-ḵā} en Hifil exprime une action de persuasion active. S’ensuit une énumération des proches : achikha {אָחִיךָ֩ | ʾā-ḥî-ḵā} ‘ton frère’, ben-imekha {בֶן־אִמֶּ֨ךָ | ben-ʾimmekhā} ‘fils de ta mère’, puis, liés par des disjonctions successives, ton fils et ta fille (o-binkha, o-bitteka) ainsi que ta femme et ton ami, jusqu’au terme kenafshekha {כְּנַפְשְׁךָ֑ | kə-naf-še-ḵā} ‘comme ton âme’, soulignant l’intimité. L’expression baseter {בַּסֵּ֣תֶר | ba-sē-ṯer} ‘en secret’ insiste sur la clandestinité de l’invitation, introduite par lemor {לֵאמֹ֗ר | lē-mōr} ‘en disant’. Les cohortatifs neilekha {נֵֽלְכָה֙ | nē-lə-ḵā} et venavda {וְנַעַבְדָ֔ה | wə-na-ʿav-dā} manifestent la volonté collective. Les noms elohim acherim {אֱלֹהִ֖ים אֲחֵרִ֑ים | ʾĕ-lō-hîm ʾă-ḥê-rîm} ‘dieux autres’ sont qualifiés par asher lo-yadata attah vaavotekha {אֲשֶׁ֤ר לֹֽא־יָדַעְתָּ֙ אַתָּ֔ה וַאֲבֹתֶ֖יךָ | ʾă-šer lō-yā-ḏaʿ-tā ʾat-tā wa-ʾă-vo-ṯē-khā} ‘que ni toi ni tes pères n’as connus’, marquant la rupture avec la tradition. L’ensemble crée une tension entre loyauté familiale et fidélité à la loi divine. |