| 30. Exégèse Linguistique Le verset s’organise en deux parallèles liés par des conjonctions vav. D’abord, veraʾu {וְרָעוּ֙ | wə-rā-ʿû} 'et ils paîtront' encadre bechorei dallim {בְּכוֹרֵי דַלִּים֙ | bə-ḵō-rê dal-lîm} 'premiers-nés des pauvres', tandis que yirbatzou {יִרְבָּצוּ֑ | yir-bā-ṣû} suit veʾevyonim lavetach {וְאֶבְיוֹנִים לָבֶטַח֙ | wə-ʾeḇ-yō-nîm lā-ḇe-ṭaḥ} 'les nécessiteux en sécurité', formant un parallélisme thématique. Le discours bascule au jugement divin avec vehemati {וְהֵמַתִּי֤ | wə-hê-ma-tî} 'et je ferai mourir' (Hifil parfait première personne), suivi de baraʿav {בָּרָעָב֙ | bā-ra-ʿāḇ} 'par la famine' et de la construction sharshekh usheʾiritekhā yahrog {שָׁרְשֵׁךְ וּשְׁאֵרִיתֵ֖ךְ יַהֲרֹגֽ | šar-shêkh û-šə-ʾê-rî-te-ḵā ya-hă-rōg} 'ta racine et ton reste sera détruit'. L’opposition de l’imparfait (condition de vie) et du parfait (jugement inéluctable) renforce la souveraineté divine, structurée par la succession de vav-consecutives qui enchaînent bénédiction et malédiction de manière fluide. |