| 19. Exégèse Linguistique Le verset se structure en deux propositions coordonnées sans verbe principal : la première débute par ʿarei {עָרֵי | ʿā-rê} 'villes' à l'état construit lié à ha-negev {הַנֶּגֶב | han-né-ḡeḇ} 'le Néguev', suivie du parfait passif Qal sugru {סֻגְּר֖וּ | sug-gə-rū} 'sont fermées'. La conjonction et absentif wə-ʾên {וְאֵ֣ן | wə-ʾên} 'il n'y a pas', jointe au participe pô-tē-aḥ {פֹּתֵ֑חַ | pô-tē-aḥ} 'ouvrant', exprime l'absence d'agent. La deuxième proposition, marquée par la répétition du parfait Hophal hāg-lāṯ {הָגְלָ֥ת | hāg-lāṯ} 'a été déportée', s'applique d'abord à yə-hû-ḏāh {יְהוּדָ֛ה | yə-hû-ḏāh} 'Juda' puis à kul-lāh {כֻּלָּ֖הּ | kul-lāh} 'tout-entier', soulignant l'exhaustivité de l'exil. Le syntagme hāg-lāṯ šə-lō-mîm {הָגְלָ֧ת שְׁלוֹמִֽים | hāg-lāṯ šə-lō-mîm} 'a été déportée paix' confère une ironie : l'exil se présente comme 'pacifique', rendu en français par l'accent sur le caractère forcé et total du déplacement plutôt que par la notion de paix. |