| 36. Exégèse Linguistique Le verset s’ouvre sur l’imparfait elegen {ἔλεγεν | é-le-gen} 'il disait', qui présente la prière comme un acte continuel. La double adresse Abba ho pater {Ἀββᾶ ὁ πατήρ | Abbâ ho pa-tḗr} marie l’intimité araméenne et la solennité grecque du titre « le Père ». L’énoncé panta dynata soi {πάντα δυνατά σοι | pán-ta dy-na-tá soí} associe l’accusatif neutre panta et son attribut dynata, suivi du datif soi, pour affirmer sans détour l’omnipotence divine. L’impératif parenenke {παρένεγκε | pa-ré-nen-ge} gouverne l’accusatif to poterion touto {τὸ ποτήριον τοῦτο | tò po-tḗ-ri-on toû-to}, où la « coupe » est image de la souffrance à éviter, renforcée par la préposition ap’ emou {ἀπ’ ἐμοῦ | ap’ e-moû}. La séquence all’ ou ti ego thelo alla ti sy {ἀλλ’ οὐ τί ἐγὼ θέλω ἀλλὰ τί σύ | all’ ou tí egō thé-lō allà tí sý} repose sur un parallélisme antithétique marqué par deux conjonctions adversatives, soulignant l’opposition volontaire entre la volonté de Jésus et celle du Père, cette dernière étant implicitement normative. |