| 18. Exégèse Linguistique La structure repose sur une opposition nette introduite par de {δὲ | dè} « mais », qui contraste ce qui vient de l’extérieur avec ce qui émane de l’intérieur. Le groupe nominal neutre pluriel ta ekporeuomena {τὰ ἐκπορευόμενα | tà ek-po-reu-ó-me-na} fonctionne comme sujet collectif : « les choses qui sortent ». La succession des syntagmes prépositionnels ek tou stomatos {ἐκ τοῦ στόματος | ek toû stó-ma-tos} puis ek tēs kardias {ἐκ τῆς καρδίας | ek tēs kar-dí-as} indique d’abord le lieu d’émission (la bouche), puis la source profonde (le cœur). Le verbe exerchetai {ἐξέρχεται | ex-ér-khe-tai} au singulier s’accorde avec le neutre pluriel compris comme ensemble, ce qui met l’accent sur un processus continu. Le pronom démonstratif kakeina {κἀκεῖνα | ka-keî-na} reprend et met en relief ces réalités intérieures : ce sont précisément elles qui, par le verbe koinoi {κοινοῖ | koi-noî} « rend impur », ont pour objet direct ton anthropon {τὸν ἄνθρωπον | tón án-thro-pon}, l’être humain en général. L’ordre grec met en avant les expressions de provenance, alors que le français adopte un ordre plus linéaire, tout en conservant l’idée que l’origine intérieure des paroles est ce qui provoque la souillure. |