| 13. Exégèse Linguistique Le verset s’ouvre sur l’interrogation rhétorique ha-meʿat {הַמְעַט | ha-me-ʿaṭ} 'est-ce peu', soulignant l’ironie de la plainte. Le Hifil parfait heʿelitanu {הֶעֱלִיתָנוּ | he-ʿe-li-tā-nu} 'tu nous as fait monter' met en avant l’action causative de Moïse, déplaçant le peuple d’une région prospère (meʾerets zavat ḥalav u-de-vash {מֵאֶרֶץ זָבַת חָלָב וּדְבַשׁ | me-ʾe-reṣ za-vaṯ ḥā-lāḇ u-ḏə-bāš} 'pays ruisselant de lait et de miel'). L’infinitif construct la-hamitenu ba-midbar {לַהֲמִיתֵנוּ בַּמִּדְבָּר | la-ha-mi-tē-nu ba-mid-bār} 'pour nous faire mourir dans le désert' exprime le but. La répétition causale ki {כִּי | kî} justifie la plainte, tandis que la double emphase syntactique entre l’imparfait tishtarer {תִשְׂתָּרֵר | tiš-tā-rēr} 'tu domines' et l’infinitif absolu hishṭarer {הִשְׂתָּרֵר | hiš-tā-rêr} 'continuer à dominer', introduit par gam {גַּם | gam} 'aussi', renforce l’accusation d’autoritarisme. Cette structure causatif–infinitif absolu souligne la force expressive du style hébraïque. |