| 10. Exégèse Linguistique Le segment initial apo makróthen {ἀπὸ μακρόθεν | apó makróthen} exprime une distance spatiale marquée qui renforce le recul émotionnel des spectateurs. Le participe parfait hestēkótes {ἑστηκότες | hestēkótes} présente un état résultant associé au sujet implicite, figé dans son attitude. La préposition diá {διὰ | diá} avec l’accusatif dans diá tón phóbón {διὰ τὸν φόβον | diá tón phóbón} introduit la cause, précisée par le génitif toû basanismoû autēs {τοῦ βασανισμοῦ αὐτῆς | toû basanismoû autēs} qui indique le tourment de la ville comme source de la crainte. Le participe légontes {λέγοντες | légontes} enchaîne sur le discours direct, où l’interjection ouaí {οὐαί | ouaí}, répétée deux fois, suit le modèle prophétique de lamentation. La série nominale hē pólis hē megálē Babulōn hē pólis hē ischurá {ἡ πόλις ἡ μεγάλη Βαβυλὼν ἡ πόλις ἡ ἰσχυρά | hē pólis hē megálē Babulōn hē pólis hē ischurá} multiplie articles et appositions, accentuant l’éclat et la puissance jadis détenus par la ville désormais condamnée. La conjonction hóti {ὅτι | hóti} ouvre la proposition causale miā̂ hṓra ḗlthen hē krísis sou {μιᾷ ὥρᾳ ἦλθεν ἡ κρίσις σου | miā̂ hṓra ḗlthen hē krísis sou}, où le datif temporel insiste sur la soudaineté et l’aoriste présente la réalisation définitive du jugement. En français, l’ordre SVO et le déplacement du complément de cause au début permettent de préserver la force dramatique et l’emphase du texte grec. |