| 3. Exégèse Linguistique La structure temporelle initiale miqets {מִקֵּץ | miqqēṣ} ‘après’ + ʿeśer šānîm {עֶשֶׂר שָׁנִים | ʿeśer šānîm} ‘dix ans’ forme un circonstantiel de temps, encadré par l’infinitif ləšeḇeṯ {לְשֶׁבֶת | ləšeḇeṯ} ‘séjourner’, qui précise la durée de la résidence d’Abram en Canaan. Le wayyiqtol vatikakh {וַתִּקַּח | va-ttiqqaḥ} ‘et elle prit’ enchaîne le récit en plaçant Saraï comme actrice principale, tandis que l’apposition ‘Saraï, son épouse’ explicite son statut conjugal. L’objet direct ʾeṯ hāgār hammîṣrît šip̄ḥātāh {אֶת־הָגָר הַמִּצְרִית שִׁפְחָתָהּ | ʾeṯ hāgār hammîṣrît šip̄ḥātāh} ‘Agar l’Égyptienne, sa servante’ cumule origine et condition sociale. Le second wayyiqtol vatiten {וַתִּתֵּן | va-ttittēn} ‘et elle donna’ formalise le transfert d’Agar à Abram, mis en relief par les pronoms suffixés ʾōṯāh ləʾaḇrām ʾîšāh lô ləʾiššāh {אֹתָהּ לְאַבְרָם אִישָׁהּ ל֥וֹ לְאִשָּׁה | ʾōṯāh ləʾaḇrām ʾîšāh lô ləʾiššāh}. En français, l’emploi d’une subordonnée relative (‘durant lesquelles…’) restitue la nuance temporelle tout en assurant clarté et fluidité narrative. |